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Sunday, 17 March 2019

Phoenix Comes of Age with its Rite of Spring

The original cast of the Rite of Spring, Paris 2013
















Phoenix Dance Theatre The Rite of Spring The Lowry, 8 March 2019

In my review of Windrush, Movement of the People 8 Feb 2018, I described the work as "the best show that I have ever seen in Leeds."  "What could possibly follow that?" I asked myself.  My answer came on 8 March 2019 when I saw Phoenix Dance Theatre's Rite of Spring with Opera North's Gianni Schicchi at The Lowry. As Vanessa Vince Pang led Maestro Garry Walker on stage to acknowledge the audience's applause I thought to myself that Phoenix had truly come of age.

The foundation of any production of The Rite of Spring is Stravinsky's music which sets out a framework in two parts starting with an introduction and ending with the sacrificial dance of the chosen one,   Some choreographers have kept the music but chosen not to follow the framework.  Jeanguy Saintus has not done that and although his choreography reflects his genius I did not fear that Nijinsky's shade would be troubled. In fact, I felt that Santus's work was the next best thing to a time machine that would transport me to the Théâtre des Champs-Élysées for the 29 May 1913.

For the first time, I saw Phoenix perform before a live orchestra and they did so magnificently.  Five members of the cast I already knew well but Manon Adrianov, Aaron Chaplin and Michael Marquez were new to me. They complimented Carmen Marfil, Carlos Martinez, Vaness Vince-Pang, Prentice Whitlow and Natalie Alleston seamlessly.  The stage was a caldron of movement and sound.   It was everything that Stravinsky, Nijinsky and indeed Diaghilev must have imagined.  The applause at the end was deafening.

The Rite of Spring was performed not with another dance piece but with a one-act opera by Puccini,   Stravinsky and Puccini may have lived and worked at the beginning of the last century. I have long admired them both.  But until their works were juxtaposed I never thought that they had much in common.  To my great surprise and joy, The Rite of Spring and Gianni Schicchi seemed to work very well together.   The latter work is not nearly as well known as the former though it does contain one very well-known air, O mio babbino caro by Lauretta.

The libretto, incidentally, was about something that actually happens in real life from time to time though happily in England the Inheritance (Provision for Family and Dependants) Act 1975  alleviates the need for a deceased's disappointed relations to impersonate the testator or forge his will.  The opera was staged beautifully by Opera North.  I hope that the success of this production will lead to similar collaborations between Opera North and Phoenix and indeed other opera and contemporary dance or ballet companies.

There is just one more performance of The Rite of Spring and Giani Schicchi at the Theatre Royal Nottingham on 22 March 2019.   If you live anywhere near Nottingham this is the show to see even if you see nothing more all year.

Tuesday, 9 July 2013

Hommage au Faune

On Thursday I watched Boston Ballet's performance of Afternoon of a Faun (see "Boston Ballet: 'High as a flag on the Fourth of July!'"). As you can see from my review, they danced it well. 

That ballet means a lot to me because it was the first ballet I ever saw,  But it is also an important work in the history of dance. It was one of the first (if not the first) works to be centred on the male principal rather than the ballerina. Hardly surprising as it was choreographed and first danced by Vaslav Nijinsky.  Amazingly, there survives the following clip of Nijinsky as the Faun in 1912.


It is also important as one of the first (if not the first) of Diaghilev's brilliant fusions of art, choreography, literature and music. 

The sets were the work of Leon Bakst.   It was an exhibition of Bakst's work at the V & A that led me to the the Ballet Russes and hence to ballet. The music was by Claude Debussy upon the inspiration of the poem by  Stéphane Mallarmé:

"L’APRÈS-MIDI D’VN FAVNE
LE FAVNE
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve ?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.
Réfléchissons..
ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison !
Que non ! par l’immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.
O bords siciliens d’un calme marécage
Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,
Tacite sous les fleurs d’étincelles,
CONTEZ
» Que je coupais ici les creux roseaux domptés
» Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines
» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
» Ondoie une blancheur animale au repos :
» Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux,
» Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
» Ou plonge.. »
Inerte, tout brûle dans l’heure fauve
Sans marquer par quel art ensemble détala
Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :
Alors m’éveillerai-je à la ferveur première,
Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.
Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;
Mais, bast ! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :
Qui, détournant à soi le trouble de la joue
Rêve, dans un solo long que nous amusions
La beauté d’alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
Et de faire aussi haut que l’amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.
Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses ; et, par d’idolâtres peintures,
A leur ombre enlever encore des ceintures :
Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,
Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

O nymphes, regonflons des SOUVENIRS divers.
» Mon œil, trouant les joncs, dardait chaque encolure
» Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure
» Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
» Et le splendide bain de cheveux disparaît
» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
» J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries
» De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)
» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;
» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
» A ce massif, haï par l’ombrage frivole,
» De roses tarissant tout parfum au soleil,
» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.
Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse,
Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
Que délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
» Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs
» Traîtresses, divisé la touffe échevelée
» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée ;
» Car, à peine j’allais cacher un rire ardent
» Sous les replis heureux d’une seule (gardant
» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
» Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,
» La petite, naïve et ne rougissant pas :)
» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
» Cette proie, à jamais ingrate, se délivre
» Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre.
Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront
Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :
Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;
Et notre sang, épris de qui le va saisir,
Coule pour tout l’essaim éternel du désir.
A l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte.
Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :
Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus
Sur ta lave posant ses talons ingénus,
Quand tonne un somme triste ou s’épuise la flamme.
Je tiens la reine !
O sûr châtiment..
Non, mais l’âme
De paroles vacante et ce corps alourdi
Tard succombent au fier silence de midi :
Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,
Sur le sable altéré gisant et comme j’aime
Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !
Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins."
This poem is virtually untranslatable but here is one valiant attempt by Roger Fry.

To appreciate the ballet as it is performed today here is the Joffrey Ballet with Rudolf Nureyev as the Faun.